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par Léa Taïeb
février 24, 2019

Interview de Noa.S @blabbermooth, fashion blogger

Noa parle, parle et parle. Certains diraient d’elle que c’est une véritable pipelette. Elle parle pour partager ce qu’elle vit, ce qui l’habite, ce à quoi elle rêve : la mode, la mode, la mode.

Noa prend plaisir à faire partie d’une communauté, qui est la sienne : sa création, sa construction. Chaque jour, ses milliers d’abonnés contemplent les détails qui ornent Noa.

Aujourd’hui créatrice de contenu mode, un peu influenceuse, surtout fashion blogger. Son travail évolue. Son rôle aussi. Où sera-t-elle demain ? La pipelette prépare quelque chose. Elle finira par vous le divulguer.

« Regardez. Lisez et Jettez un Oeil à sa Sélection dans notre STYLE REPORT »

Noa porte notre jupe Showtime, For Love & Lemons
Noa porte notre T-shirt Girl, Re/Done & Jean taille haute Re/Done
Noa porte notre robe Marissa, LoveShackFancy

l'interview

TOWNHOUSE (LÉA)

Quand as-tu rencontré la mode pour la première fois ?

NOA

Tout a commencé petite. J’ai commencé enfant, en étant mannequin pour des marques. J’ai toujours baigné dans ce monde. Et puis un jour, après être tombée sur une photo de moi, dans le magazine Vogue, je me suis lancée sur Instagram avec @blabbermooth, qui veut dire pipelette (rires).

J’ai pensé à ce pseudonyme parce que je voulais jouer sur une sorte de double identité : je suis à la fois folle de mode et ingénieure en informatique, deux mondes qui n’ont rien en commun. Et depuis toujours, on dit de moi « quelle pipelette ! ». J’adore parler, donner des conseils, alimenter mon compte Instagram avec du contenu (H24, en permanence), donc ce surnom me correspond !

TOWNHOUSE (LÉA)

Comment devient-on celle que tu es ? Dans quelle direction vas-tu ? Comment vivre ces doubles vies entre l’informatique et la mode ?

NOA

Déjà petite, à l’âge de 6 ans, j’ai été repérée par une agence de mannequinat. Mes parents n’avaient pas prévu une carrière dans la mode, aussi tôt et aussi parce que c’est un milieu assez particulier. Pour autant, ils m’ont laissée faire du mannequinat. J’étais une enfant un peu introvertie, un peu timide et ils ont pensé que cette activité pourrait m’aider à m’ouvrir un peu, à être mieux dans ma peau. Et donc j’ai commencé et je n’ai pas arrêté, ça a duré 4-5 ans ! D’une certaine façon, j’ai été le visage de Baby Dior, Lili Gaufrette, j’étais une petite star. Il m’arrivait même de ne pas aller à l’école pour un shooting photo. J'enchainais.

Ensuite, j’ai grandi. J’ai passé un baccalauréat économique et social, parce que mes parents considéraient qu’il était indispensable que j’ai ce diplôme en poche. J’ai arrêté le mannequinat, sans pour autant oublier la mode. J’ai gardé en moi, la passion de la mode.

Et je n’avais pas forcément envie d’appartenir au mannequinat toute ma vie. Parce que les règles sont au centre de ta vie. Les filles des défilés sont très minces, elles ne mangent pas ce qu’elles veulent, tu vis beaucoup sous la contrainte. J’avais envie de faire partie de la mode, sans faire du mannequinat. Et avec Instagram, j’ai trouvé comment faire la mannequin, sans l’être vraiment : je montre des looks, je me mets en scène, je pose, sans avoir une personne qui m’impose de faire tant de kilos, de porter telle ou telle pièce. J’aime la liberté, celle de m’exprimer, de créer des looks.

TOWNHOUSE (LÉA)

Comment devenir une « influenceuse » sur Instagram tout en étant étudiante ?

NOA

Avant de créer mon compte pro @blabbermooth, j’étais déjà assez active sur Instagram, j’avais un compte privé sur lequel je postais des looks. Grâce à ce profil, j’avais été repérée pendant la Fashion Week, et certains de mes looks avaient été repris dans les magazines.

Donc un jour, j’ai décidé de créer un compte « que de mode ». Et très rapidement, j’ai été suivie. En parallèle, j’ai passé mon Bac, des concours pour intégrer une école d’informatique. J’ai eu la chance de pouvoir faire les deux, d’alimenter mon compte, de le développer et d’évoluer dans mes études.

Depuis déjà trois ans, au moment de la Fashion Week, je suis invitée à des défilés par certaines marques. Certaines aussi m’offrent des tenues pour m’y rendre.

TOWNHOUSE (LÉA)

Comment pourrais-tu te définir ?

NOA

Ce mot influenceuse, me dérange. Je dirais plutôt que je suis créatrice de contenus dans la mode. En ce qui concerne la beauté, je prends plaisir à donner des conseils, mais c’est dans la mode, que je préfère m’exprimer. Sur le long-terme, j’aimerais faire ce que je fais à plein-temps. Parce que cette activité occupe déjà 90% de mon temps !

D’un autre côté, on me dit influenceuse. Quand j’accepte de promouvoir une marque, je travaille en tant qu’influenceuse. Parce que j’influence une communauté. Et aussi, j’adore créer du contenu. Donc, si l’on devait conclure, j’opterais pour le terme fashion blogguer. C’est un compromis.

TOWNHOUSE (LÉA)

Comment se lancer en tant qu’influence mode ?

NOA

En ce qui me concerne, je pense que c’est un métier tombé du ciel. Parce que tu ne prends pas véritablement la décision de devenir influenceuse mode. Ce qui arrive en général, c’est que tu crées un monde, ce qui prend énormément de temps. Tu te construis une sorte de personnage pour faire rêver toutes les personnes qui te suivent. Sur mon compte, Je montre le beau de ma vie, les moments forts : par exemple, la signature de mon 1er contrat dans une agence d’influenceurs. Selon moi, quand tu suis une personne sur Instagram, tu n’as qu’une envie, c’est d’accéder à son monde. Moi, j’ai envie de m’évader, de voyager.

Ma différence, c’est mon sourire. C’est ma marque de fabrique. Peu importe la pause ou le moment, je souris, j’éclate de rire. J’ai une joie de vivre naturelle. Pour l’anecdote, au début, je ne souriais pas. Et l’on m’a fait la remarque : pourquoi tu ne souris pas, on ne te reconnaît pas. Donc depuis, je ne fais pas la moue, je reste celle que je suis.

Je suis une personne assez naturelle, même pour prendre un photo, c’est assez improvisé. Ce qu’il se passe en général : je me promène dans une rue à Paris, un dimanche après-midi et mon copain, plutôt bon photographe saisit le moment. Ça ne dure pas plus de 20 minutes. En revanche, quand une marque fait appel à moi pour mettre en avant un produit, le shooting est organisé, rien n’est laissé au hasard. Il y a même un photographe professionnel.
Et aussi, je constate que l’on me pose beaucoup de questions sur mes cheveux, sur ma routine « soins capillaires ». C’est grâce à mon sourire et à me chevelure, que l’on me remarque !

TOWNHOUSE (LÉA)

Le réveil sonne, quels sont tes réflexes du matin ?

NOA

Le matin, je me lève très tôt : vers 6h. Dès que j’ouvre les yeux, je saisis mon téléphone et je parcours un peu tous les réseaux (pendant 15-20 min) : je me mets à jour. Après une petite toilette, je vais en cours. Pour aller en cours, je suis toujours apprêtée, je m’adapte à la situation. Il peut m’arriver de porter un jean taille haute, un chemisier et des chaussures un peu remarquables. Toujours naturelle, mais je prête attention aux détails.

Puis à partir de 13h, ma journée de travail commence : j’ai des rendez-vous pro, je vais à des événements, des présentations. Ensuite, vers 18h30, je produis du contenu : je poste une photo ou une vidéo. J’ai suivi une formation YouTube pour apprendre à tout faire toute seule, à être autonome. Je n’ai pas une minute à moi.

TOWNHOUSE (LÉA)

Quel est ton regard sur l'industrie de la mode ? Quelle tendance observe-tu ?

NOA

Avec Instagram, mon comportement d’achat a changé. Je ne vais pas désirer la pièce que tout le monde porte, ou que tout le monde désire. Je vais justement trouver la pièce que l’on portera dans plusieurs mois. Je vais souvent chiner dans les armoires de mes parents. J’aime beaucoup les vêtements vintage. Inconsciemment, je m’appuie sur des intemporels. Les jeans taille haute, les vestes à carreaux, le pull Fila : tout revient en permanence.

TOWNHOUSE (LÉA)

Fille d’Instagram, qui sont tes incontournables ?

NOA

J’ai pas mal de comptes en tête ! Je citerai en priorité @carodaur parce qu’elle a un petit grain de folie, elle raconte tout ce qui lui arrive, elle est vraie, contrairement à d’autres blogueuses mode. Et celui de @emilisildlev, qui a un côté coloré, acidulé. Ce sont deux personnes qui m’inspirent beaucoup. Parfois, je vais adapter leurs looks avec des marques plus accessibles, mixées à de grosses pièces. Même en période de Fashion Week, j’aime prendre exemple sur ces modèles.

Et sinon, je passe beaucoup de temps sur Instagram, Pinterest, Vogue et je tape régulièrement sur Internet « street style Fashion Week ». Ce sont mes réflexes pour inventer.

TOWNHOUSE (LÉA)

Folle de mode (dans le bon sens du terme), quelle est la marque ou le créateur que tu as tendance à encenser et à recommander ?

NOA

Il y a une marque que j’aime beaucoup, surtout en ce moment : Ganni. Je l’ai découverte via Instagram, via d’autres influenceuses. Leurs coupes sont exceptionnelles : il y a aussi bien du loose, du slim, des paillettes. Ils jouent beaucoup sur les détails et il faut le savoir, je suis une accroc du détail ! Par exemple : je change systématiquement les boutons de mes chemises, je ne garde jamais les originaux, je les remplace par des vintage. Aussi, je ne sors jamais sans avoir à mon cou, cinq colliers : je suis comme ça !

TOWNHOUSE (LÉA)

Ta citation – manifeste (que tu partages à qui veut l’entendre) ?

NOA

« Exige beaucoup de toi-même et attends peu des autres » : c’est ce qui me guide. Je compte beaucoup sur mes actions, sur mon travail pour changer les choses. Et c’est ce qui fonctionne. Ou « le travail paye toujours ». Quand on travaille, ça se ressent, les abonnés le voit !

Pendant la Fashion Week, je ne dors pas : je travaille. Je passe mes nuits à planifier mes rendez-vous, mes tenues ou à monter des vidéos.

TOWNHOUSE (LÉA)

Tu vis à Paris, où peut-on te croiser ?

NOA

J’adore Saint-Germain-des-Prés. C'est mon quartier de prédilection Je vais souvent au Café de Flore et puis c’est un lieu assez instagramable. En général, je prends un chocolat chaud, parce que le café très peu pour moi, je n’aime pas ça (rires) !

TOWNHOUSE (LÉA)

Une pièce mode à emporter sur une île ?

NOA

C’est fou : mon sac ! Siglé Chloé, distribué en édition limitée pour Noël. Il est noir en velours, avec des étoiles, c’est un sac-à-dos. Je ne le quitte jamais !

TOWNHOUSE (LÉA)

Comment envisages-tu la suite ?

NOA

Depuis quelques semaines, je fais partie de l’agence Ad Crew, une agence parisienne qui gère l’image et la carrière de plusieurs influenceurs et influenceuses. Le travail que je faisais toute seule avant, aujourd’hui, je peux compter sur une équipe pour s’en charger. Tout devient très professionnel. Chaque année, je me demande « où je serai l’année prochaine ». Aujourd’hui, je rencontre des personnes que j’admirais et que j’admire encore ! Tous les jours, je vis de nouvelles expériences !

Pour l’année à venir, je me suis donnée l’objectif de jouer sur la qualité, de produire un contenu original, fidèle à moi-même. Jusqu’ici mes abonnés me ressemblent et sont en accord avec ce que je partage, espérons que ça continue. Et, grâce à ma chaîne YouTube, je pourrais toucher une nouvelle communauté via la vidéo.

Il y a aussi quelque chose en préparation. Je ne peux pas en dire beaucoup, mais je compte me lancer dans un projet entrepreneurial, ce qui me tient beaucoup à cœur. C’est un mystère. Que je dévoilerai.

TOWNHOUSE (LÉA)

Un conseil à donner aux personnes qui te suivent sur les réseaux sociaux ?

NOA

Sur les réseaux sociaux, il y a des principes à respecter, selon moi : il faut rester soi-même, être passionné, actif (très actif !). Et surtout être vrai : aujourd’hui, c’est très rare. Avec Instagram, il faut aimer partager, communiquer avec ses abonnés, être accessible. Le côté business vient après, il s’apprend.